Culture

Portrait d’Anne-Gaëlle Gillet

Jusqu'au samedi 2 mars, l’artiste scéenne Anne-Gaëlle Gillet expose ses œuvres sur le mur rouge de l’hôtel de ville (122 rue Houdan). L’inauguration aura lieu le jeudi 1er février à 19h. L'occasion d'en découvrir davantage sur cette artiste scéenne.

Un hymne à l’enfance

Dans un contexte où la violence est omniprésente, qu’elle soit physique ou morale, les enfants sont régulièrement exposés à une forme de brutalité. Dès lors, comment les préservez ? Comment faire en sorte qu’ils gardent leur naïveté et leurs âmes d’enfants ? Les portraits d’Anne-Gaëlle se font l’écho de ses propres sentiments face aux enfants qu’elle rencontre et amènent le spectateur à s’interroger. 

Des portraits qui interpellent 

À travers ses toiles, Anne-Gaëlle met en scène des enfants dont la posture et le regard sont énigmatiques. Les grandes toiles présentées sont emplies de couleurs et de motifs épurés. Aux gestes simples de la vie quotidienne se mêle une forme de gravité. Capturée comme sur un cliché photographique, la profondeur des regards des personnages est saisissante.

L’Afrique comme toile de fond

La première série de portraits d’Anne-Gaëlle était consacrée aux enfants africains et à quelques animaux sauvages, et ce n’est pas un hasard si le thème de prédilection d’Anne-Gaëlle est l’Afrique ! Née à Bangi, elle vivra au Gabon, jusqu’à ses 18 ans avant de regagner la France pour des études d’art. Elle reste fortement marquée par la joie de vivre, les rires et l’insouciance de ses amitiés africaines. 

Portrait d'Anne-Gaëlle Gilet

Pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique ?

Née en Centrafrique où j’ai passé toute mon enfance, je suis issue d’une famille où l’art a toujours tenu une place importante. Mon père, architecte et artiste, m’a transmis l’amour du dessin et de l’art. J’ai toujours aimé dessiner. Petite, je griffonnais des centaines de croquis dans mes carnets. Arrivée à Paris à 18 ans, j’ai étudié le dessin à l’école Penninghen. Un peu par hasard, je suis devenue designer textile pour des maisons de couture. Je concevais des motifs pour des tissus, des foulards, des accessoires de mode… Plus tard, lorsque je me suis mise à mon compte, j’ai continué à collaborer avec la haute couture tout en explorant d’autres domaines comme les peintures murales ou l’illustration de livres pour enfants.

En parallèle, vous avez continué à peindre par plaisir ? 

Absolument, c’est ma passion première. J’aime mixer les techniques et détourner les supports. Je réalise aussi des dessins au trait, ainsi que des peintures numériques de grande taille, notamment des portraits d’enfants et d’animaux sauvages. Mon thème de prédilection est l’Afrique, car ce sont mes racines. Mon cœur est resté là-bas. J’ai eu l’occasion d’exposer mes toiles au Gabon, l’autre pays de mon enfance, puis dans plusieurs galeries à Toulouse et à Paris.

Parlez-nous de l’exposition Âmes d’enfants visible jusqu’au 2 mars sur le mur rouge de l’hôtel de ville ?

Cette nouvelle exposition est surtout axée sur des portraits d’enfants et d’adolescents. J’ai mis l’accent sur les regards de ces enfants et ce qu’ils peuvent nous évoquer à nous, en tant qu’adultes. Que nous renvoient-ils ? Quel regard portons-nous sur l’enfance et l’adolescence aujourd’hui ? À partir de mes souvenirs et de photos, je les mets en scène à travers des gestes simples de la vie quotidienne mais surtout avec un regard perçant dont le sérieux et l’attitude énigmatique amène le spectateur à s’interroger. À travers ces portraits j’aimerais également interpeller sur le fait que les enfants ne sont plus aussi “insouciants” qu’avant. Ils vivent dans un contexte où la violence est omniprésente qu’elle soit physique ou morale, notamment via les réseaux sociaux. Les enfants sont exposés aux images qui heurtent et traumatisent. Dès lors, comment les préserver ? Comment faire en sorte qu’ils gardent leur naïveté et leurs âmes d’enfants ?

Avez-vous déjà exposé à Sceaux ? 

Oui, j’ai exposé quelques-unes de mes œuvres lors de la première édition de l’exposition collective “Estivales, festival d’art contemporain du Grand Paris” sur le mur rouge de l’hôtel de ville. Je suis également régulièrement sollicitée par les commerçants scéens, notamment les boutiques Mon rêve, Voir autrement, Padam, Le Réservoir, ou encore récemment la boutique Le Petit Nicolas pour laquelle j’ai réalisé une vitrophanie sur le thème des animaux de la ferme et des enfants pour les fêtes de Noël.