Transitions

En route pour la géothermie !

Afin de chauffer et de fournir en eau chaude les immeubles scéens avec une énergie renouvelable, la Ville va mettre en œuvre la solution de la géothermie locale, écologique et économique.

La géothermie est une source d’énergie renouvelable qui tire parti de la chaleur naturelle stockée dans les profondeurs de la Terre pour produire de la chaleur. Cette forme d’énergie existe depuis des millénaires, mais ces dernières décennies, elle a gagné en popularité comme réponse aux besoins croissants en énergie renouvelable, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Dans un contexte de crise énergétique, la ville de Sceaux s’engage, aux côtés des villes de Fontenay-aux-Roses et de Bourg-la-Reine, dans un projet conjoint sur la manière de mettre en place cette source d’énergie sur son territoire via le projet GéoSud92.

Principe d’un réseau de chaleur géothermique

Principe chaleur géothermique

Les principes de la géothermie

15200 nombre d'équivalents-logementsLa géothermie, du grec géo (la terre) et thermos (la chaleur), désigne à la fois la chaleur terrestre et son exploitation par l’homme. La Terre renferme une quantité considérable de chaleur sous sa surface, principalement générée par la désintégration radioactive des éléments présents dans le noyau terrestre. Cette chaleur est continuellement émise vers l’extérieur et se manifeste par l’intermédiaire de sources chaudes, de volcans et de geysers. 

Le processus d’exploitation commence par le forage d’un double puits dans un “dogger” (couche souterraine de roches poreuses et perméables, de roches fracturées ou de matériaux tels que des graviers ou sables, qui contient des eaux souterraines). On l’appelle aussi un aquifère géothermique. L’eau est extraite à plus de 60°C via le puits d’extraction, puis réintroduite dans le puits de réinjection après avoir apporté la chaleur nécessaire pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Il s’agit d’une boucle fermée, sans déperdition. L’eau extraite n’est pas distribuée dans la ville, elle circule en circuit fermé dans un échangeur de chaleur qui se trouve au pied du forage, afin d’apporter la chaleur à l’eau de ville qui circulera jusqu’aux bâtiments pour les chauffer et générer l’eau chaude sanitaire.

Les avantages

La géothermie présente de nombreux avantages. Elle est à la fois renouvelable et durable en étant disponible 24h/24 et 7 jours/7 sans dépendre des conditions météorologiques. 

Par ailleurs, la géothermie n’émet pas de gaz à effet de serre, ce qui en fait une option respectueuse de l’environnement. Elle contribue à réduire la dépendance aux combustibles fossiles et à lutter contre le changement climatique. Elle permet enfin de stabiliser les coûts liés à l’énergie, qui ne sont plus soumis aux fluctuations du marché mondial des combustibles fossiles.

 

💡 Le saviez-vous ? Le bassin parisien bénéficie de conditions favorables à l'exploitation de la géothermie ! Il est l'un des deux réservoirs les plus importants de France : 80 % de l'énergie géothermique française y est produite.

Le projet GéoSud92

Ce projet s’inscrit dans l’objectif “zéro émission nette carbone” de la Ville, prévu à l’échéance 2050 et garantissant un bilan environnemental performant grâce à l’exploitation d’une source d’énergie renouvelable et propre. Le réseau GéoSud92 devrait permettre sur les trente premières années d’exploitation d’éviter l’émission de 16 600 tonnes équivalent CO2, ce qui représente un volume d’émission quatre fois moins important qu’une solution de référence au gaz naturel. 

Le Sipperec, syndicat mixte qui agit pour le compte des collectivités afin de faciliter l’action publique dans les domaines de l’énergie et du numérique, va porter le montage technique et financier de ce projet. Il se charge également de la mise en oeuvre et du suivi d’exploitation sur la durée du contrat, en liaison avec les villes de Fontenay-aux-Roses, Bourg-la-Reine et Sceaux.

 

Les financements

Les coûts d’investissement pour la mise en oeuvre du projet avoisinent les 63 millions d’euros et seront portés par la société publique locale créée pour l’occasion et dont les actionnaires seront les villes et le Sipperec. De nombreux financements extérieurs vont permettre d’en prendre en charge environ 40 %. En effet, les réseaux de chaleur sont éligibles aux aides de l’Agence de la transition écologique (ADEME), de la région Île-de-France, et peuvent bénéficier d’une TVA réduite si le taux d’énergies renouvelables est supérieur à 50 %. 

Des sources supplémentaires de subventions existent également comme les contrats projets État Région, dont 572 millions sont mobilisables sur le volet “environnement”, le Fonds européen de développement régional (FEDER), la dotation de soutien à l’investissement local et le fonds d’investissement métropolitain (FIM) de la métropole du Grand Paris. Le solde du financement sera obtenu par emprunt, qui sera remboursé grâce à la vente d’énergie aux consommateurs locaux (bâtiments publics, copropriétés, bailleurs sociaux, etc.).

💡 En savoir plus sur la géothermie et son déploiement sur sipperec.fr

Parole d'élue

Florence Presson, adjointe au maire, déléguée aux transitions
Florence Presson

Face à l’accélération du dérèglement climatique, la ville de Sceaux a déjà mis en place de nombreuses actions comme la mise en place du plan de sobriété énergétique en 2022 et celui sur l’eau en 2023, tout en initiant de nouveaux engagements. Le projet de géothermie participe activement à la stratégie bas-carbone de la Ville et à l’amélioration de la qualité de vie des Scéens. La Ville se mobilise et sensibilise régulièrement ses habitants à la nécessité de préserver les ressources et de réduire leurs consommations en énergie. Sceaux favorise toutes les initiatives en matière d’environnement et invite tous les Scéens à participer en mai prochain à la 2e édition du Printemps des transitions.

Parole d'expert

Nicolas Leroux, ingénieur chaleur renouvelable au Sipperec
Nicolas Leroux

La géothermie va-t-elle permettre aux Scéens de faire des économies ?

La géothermie profonde consiste à puiser à 1 500 mètres sous nos pieds une eau naturellement chaude à une température d’environ 65° C, dont sont extraites les calories que l’on fait circuler dans des canalisations sous la voirie afin d’alimenter les bâtiments en chauffage ou en eau chaude sanitaire. Les équipements publics ainsi que les immeubles d’habitation pourront être raccordés à ce futur réseau de chaleur sous réserve d’avoir un système de chauffage collectif desservant a minima l’équivalent d’environ 30 logements anciens ou 50 logements neufs. Comme rappelé dans les enquêtes annuelles réalisées par l’association Amorce, un réseau de chauffage urbain à base d’énergie renouvelable, comme la géothermie, est le mode de chauffage le plus économique par rapport aux autres solutions collectives (gaz, bois, fioul…) mais aussi par rapport aux solutions individuelles (gaz, électrique, pompe à chaleur…). Ainsi, entre 2015 et 2021, le coût du chauffage urbain a augmenté en moyenne de 5 % seulement, contre 26 % pour l’électricité, 29 % pour le gaz et 71 % pour le fioul.

Quel est l’impact de ce projet dans la préservation de l’environnement et l’adaptation face au déréglément climatique ?

Le futur réseau de chaleur utilisera en majorité de la géothermie qui est une ressource locale et renouvelable. Chaque année, ce réseau va permettre d’éviter l’émission d’environ 16 600 tonnes de CO2 en polluant 4 fois moins que des bâtiments chauffés au gaz, et ainsi contribuer concrètement à la lutte contre le changement climatique. Les émissions évitées correspondent au retrait d’environ 10 000 voitures de la circulation.

Présentation de la géothermie de surface par Armand Pomart

Comité consultatif des transitions — Présentation de la géothermie de surface