Tranquillité urbaine

La ville de Sceaux, l’une des plus sûres du département

Dans un article du 20 juin, Le Figaro publie des statistiques (2016-2017) relatives aux cambriolages en Île-de-France. Face à ces chiffres, Philippe Laurent rappelle la réalité des faits et dénonce « un article approximatif, qui semble manifester une volonté de nuire à l’image de la Ville ».

Sceaux est un « territoire tranquille » parmi les communes des Hauts-de-Seine

De manière paradoxale, l’article du Figaro du 20 juin 2019 cible la ville de Sceaux sur le plan de la tranquillité, sans doute pour sortir « un scoop ». 

On peut s’interroger sur ce choix, alors même que Sceaux se caractérise par un niveau de délinquance particulièrement bas, notamment quant aux atteintes aux personnes, comme l’a rappelé Philippe Maffre, sous-préfet d’Antony et de Boulogne-Billancourt, lors de la dernière réunion, début juin, du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) de Sceaux. Catherine Denis, procureure de la République, a pour sa part invité les membres de ce conseil à « relativiser fortement les chiffres de la délinquance à Sceaux au regard de ce qui est observé à l’échelle de l’ensemble du département ».

En outre, Philippe Laurent conteste les chiffres présentés : « En moyenne sur les cinq dernières années, le nombre de cambriolages de maisons et d’appartements a été, selon les tableaux fournis par la Police nationale elle-même, de 115 par an. Rapporté aux 8 600 logements et aux près de 20 000 habitants que compte Sceaux, cela donne un taux nettement inférieur à celui présenté dans l’article », précise-t-il. « J’ignore d’où proviennent vraiment ces statistiques, introuvables sur le site de l’organisme cité. Les maires en tout cas n’en sont pas destinataires, contrairement, visiblement, aux journalistes « amis ». J’ai donc écrit au ministre de l’Intérieur pour obtenir communication des détails dudit rapport ». Plus grave, l’article présente des approximations qui ne devraient pas être de mise s’agissant d’un sujet extrêmement sérieux. Ainsi, l’article et l’infographie qui l’accompagne confondent le nombre de logements et le nombre d’habitants dans le calcul des ratios de délinquance ! Et la photo censée illustrer Sceaux date d’environ 10 ans …  

Le nombre de cambriolages reste cependant une véritable préoccupation qui appelle une mobilisation de tous.

Ce nombre s’explique par l’attractivité particulière de Sceaux en Île-de-France du fait du niveau de vie de la plupart de ses habitants. La ville est par ailleurs desservie par trois gares de RER, dont le terminus de la branche B2 du RER B qui constitue un pôle technique et d’échange multimodal de premier plan. 

« Les chiffres montrent que les villes disposant d’une très bonne desserte sont davantage susceptibles de voir leur nombre d’atteintes aux biens augmenter », explique Philippe Laurent. « Les faits de cambriolages constatés à Sceaux sont essentiellement pavillonnaires, ce qui rappelle également que Sceaux est convoitée parce que privilégiée en matière de cadre de vie et de revenus de ses habitants, qui eux-mêmes, malgré de multiples campagnes de prévention, manquent de réflexes de vigilance ».

La lutte contre les cambriolages est constamment renforcée … mais la Ville ne peut pas tout faire toute seule !

Face à cette situation, la Ville a engagé depuis des années le déploiement de caméras de vidéosurveillance sur le territoire municipal et ses équipements publics, notamment aux abords de la principale gare. En 2020, il y aura 70 caméras de vidéosurveillance en action à Sceaux, ceci sans aucune aide de l’Etat, qui a également refusé – malgré l’accord du commissaire - le déport des images de vidéosurveillance au commissariat de police nationale de Châtenay-Malabry, ce qui aurait permis de renforcer significativement l’efficacité de ce dispositif. « Pour autant, le système de vidéosurveillance ne constitue pas une panacée, relativise Philippe Laurent. La ville d’Issy-les-Moulineaux, qui ne compte aucune caméra et aucun policier municipal sur son territoire, affiche l’un des plus bas taux de cambriolages du Grand Paris. Mais elle a à sa disposition un commissariat de police nationale de plein exercice et beaucoup plus de policiers nationaux que nous. »
Les gardes urbains ont été par ailleurs déchargés du contrôle du stationnement payant, afin d’être davantage présents dans l’ensemble des quartiers de la commune. En outre, les actions d’information et de prévention des cambriolages, à destination notamment des seniors, ont été largement développées, en collaboration avec les services locaux de la police nationale. Une partie importante des cambriolages relève en effet de la « ruse », les voleurs usant souvent avec habileté d’une fausse qualité pour abuser leur victime.

L’analyse des circonstances des cambriolages montre également que les victimes n’ont souvent pas pris les précautions nécessaires pour se prémunir, estimant ne courir aucun risque « parce qu’on est à Sceaux ». Or, une étude conduite par l’Insee entre 2007 et 2015 a démontré l’efficacité de dispositifs individuels de protection des domiciles. C’est pourquoi la Ville organisera à l’automne prochain un salon de la protection à domicile, pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être facilement informés des dispositifs existants et proposés par les prestataires en sécurité personnelle.

La ville de Sceaux vient également d’adhérer au dispositif “Voisins vigilants et solidaires”. Ce service permet aux mairies participantes de dispenser informations et conseils en temps réel, mais aussi d’accompagner leurs habitants dans la préservation de la tranquillité de chaque quartier. Les villes adhérant au dispositif ont constaté une baisse des cambriolages jusqu’à 40 % par an, selon le ministère de l’Intérieur.

Philippe Laurent dénonce une nouvelle fois le désengagement de l’État

Soucieux de réaffirmer que la sécurité des citoyens est une priorité absolue de la ville de Sceaux, Philippe Laurent a écrit au ministre de l’Intérieur en novembre 2018 et aux préfets de police et des Hauts-de-Seine en avril 2019 pour faire part de sa vive préoccupation et dénoncer les baisses d’effectifs et de moyens au sein des commissariats de proximité. Cela a été particulièrement le cas au sein de la circonscription de police nationale de Châtenay-Malabry, dont dépend la ville de Sceaux, et dont les effectifs opérationnels sont passés de 116 au 1er août 2015 à 82 fin 2018.

A cette inquiétude, le ministre de l’Intérieur a répondu que « les efforts de la préfecture de police … permettent de répondre de manière efficace aux attentes de la population », ce qui n’est manifestement pas le cas s’agissant des cambriolages.

« Dans un contexte de réduction des effectifs par l’État, celui-ci demande sans vergogne aux services municipaux d’assurer des missions qui relèvent clairement de la police nationale », constate Philippe Laurent. « C’est une tendance de détricotage de la police républicaine contre laquelle nous nous battons avec l’Association des maires de France, attachés au principe républicain du droit de chacun à la sécurité. Un principe que l’État, en charge de cette responsabilité, met à mal pour des raisons comptables depuis des années. »

> Retrouvez les Lettres de Philippe Laurent au ministre de l’Intérieur et aux préfets de police et des Hauts-de-Seine