

Aux murs de son atelier, une phrase, qui résume cette rupture entre sa vie d’avant, le marketing et ses tendances éphémères, à l’éternité de la pierre : “Ai-je ajouté quelque chose au monde comme le font les poètes, qui ajoutent quelque chose à la beauté du monde ?” Liza Magri plonge dans la matière pour se révéler, se transformer même. “En transformant la matière, nous nous transformons nous-mêmes. Dubuffet voyait la peinture comme une machine à véhiculer la philosophie. La sculpture, le volume, évoque pour moi une subtile machine à véhiculer la psychanalyse”. Ce n’est pas un hasard si cette tête bien faite (architecture, sciences po, DECF) sculpte des visages. “En sculptant des têtes, j’ai l’impression de sculpter l’esprit, d’utiliser la pierre pour matérialiser l’imaginaire”, précise Liza. Mais ce n’est pas parce qu’elle sculpte l’esprit que l’artiste se déconnecte du réel : ses œuvres suivent fidèlement la matrice qu’est pour le sculpteur l’anatomie humaine : “Chaque geste compte, je dois saisir la forme du muscle pour donner la bonne direction à ma main”.
Pour aller plus loin, Liza écrit, nourrit sa sculpture de mots. Son projet : mettre des expressions en volume, pour réfléchir sur l’automatisme des mots du quotidien et leur rendre leur créativité, leur richesse. Une invitation au voyage dans le monde des mots.
Contacter l’artiste : emagri@club-internet.fr, tél. : 06 73 27 18 83.