

Hétéroclite : lat. gramm heteroclitus, d’origine grec. 1. Didact. Qui s’écarte des règles. 2. Art. Composé de parties appartenant à des styles ou des genres différents. Synonymes : mélangé, varié, divers, bigarré. Hétéroclite. Voilà un mot qu’aurait pu inventer Nicolas de Ferran, ou qui aurait pu être inventé pour lui, tant il qualifie bien le personnage, son parcours et son travail.
De formation scientifique, un DESS de gestion d’entreprise en poche, Nicolas de Ferran n’a rien d’un artiste ordinaire, au parcours académique.
A l’origine ingénieur en promotion immobilière, il n’a décidé que tardivement de se consacrer à ce qui lui plaisait vraiment : l’Art, les arts, l’artisanat. Après avoir quitté un travail qu’il n’affectionnait plus, il reprend des études en arts plastiques avec succès, obtient le CAPES et devient professeur au collège, notamment à Mantes-la-Jolie : un changement de vie radical ! Ses élèves ne sont pas déçus de son passage très remarqué, durant lequel il s’est attaché à leur faire découvrir l’art sous toutes ses formes : peinture, sculpture, vidéo… et les a même fait participer à un concours de courts métrages. Nicolas de Ferran aurait pu poursuivre paisiblement sa carrière de professeur, mais il n’en a rien fait. Animé par une quête perpétuelle de changement, un goût pour la nouveauté,pour le challenge aussi, il décide de quitter l’enseignement au bout de quelques années pour faire le pari de vivre complètement de sa casquette de plasticien : un autre changement de vie.
Personnage hétéroclite, ses activités le sont aussi : peinture, sculpture, collage, fabrication de meubles, chine sur les brocantes, collections, soudure, menuiserie, bricolage... Nicolas de Ferran est un véritable touche-à-tout ultra créatif. En bon ingénieur qu’il est, il a d’ailleurs regroupé toutes ses activités dans une société “Le tiroir jaune”, sorte de boîte à trésors de ses multiples savoir-faire. Un moyen pour lui de professionnaliser son travail et de toujours aller de l’avant.
S’étant plongé pleinement dans l’analyse artistique lors de ses études, notre plasticien attache une grande importance au sens de ses oeuvres : le sens pour lui et le sens pour les autres. Outre un regard esthétique, il essaye toujours d’adopter également un regard intellectuel pour analyser son travail : “Je crois qu’on ne peut pas créer sincèrement si on ne comprend pas un minimum ce que l’on fait“.
Nicolas de Ferran crée donc au gré de ses inspirations, des opportunités, des commandes. Une personne, un pays, une matière, une idée, peuvent être l’occasion de donner lieu à une réalisation.
C’est ainsi que, fortement intéressé par ce qui lui rappelle son enfance et le souvenir, ce sujet est devenu récurrent dans son travail. La passion pour les petits soldats de son enfance l’a par exemple poussé à réaliser une série de sculptures et de photos sur ce thème. Autre exemple, c’est sa propre vie qui lui a inspiré son monumental “story-collage”, un roman photo photo-monté. Ou bien, c’est encore après avoir découvert le Japon qu’il s’est mis à réaliser une série de “Le tiroir jaune” de Nicolas de Ferran tableaux mélangeant inspirations mangas et propagande politique.
Sachant rapidement ce qu’il est capable ou non de faire, les nouvelles rencontres, les nouveaux projets, les nouvelles contraintes, lui permettent aussi d’évoluer, d’aller plus loin, de développer chaque fois des facettes inédites de ses activités : “Une commande est une contrainte, mais la contrainte permet d’être encore plus créatif, car il faut faire des choix, trouver de nouvelles solutions”. Aujourd’hui, c’est le théâtre qui est venu à sa rencontre et l’a guidé vers de nouveaux horizons : la création de décors. Une activité parfaite pour lui, puisqu’elle lui permet d’utiliser ses talents d’artiste et d’artisan, de créateur et d’ingénieur, en attendant qu’une nouvelle aventure créatrice ne le guide vers d’autres horizons…