

Au bout d’une allée, un jardin, une maison, un atelier, et un artiste : “Bonjour, bienvenue. Je vous présente le Jabloire”. Le ton est lancé, Jean José Baranes vous introduit dans son univers.
Psychanalyste connu, Jean José Baranes est aussi un artiste reconnu. Né au carrefour de plusieurs cultures, issu d’une famille habitée par l’art, il pensait faire les beaux-arts, mais a finalement opté pour la médecine, la psychiatrie, puis la psychanalyse.
La peinture reste cependant dans les méandres de son esprit puisque selon ses propres dires “il a toujours eu l’image d’un tableau qui l’accompagnait”. Et puis un jour, “c’est devenu vital de peindre”. Il saute le pas et montre son travail à une galeriste qui lui offre d’exposer à la Chapelle-de-la-Visitation à Thonon-les-Bains. 600 m2 rien que pour lui ! Que rêver de plus ? Jean José Baranes se lance donc dans cette aventure qui ouvrira la voie à une série d’expositions à la faculté de pharmacie de Paris, à la mairie du 13e arrondissement de Paris, dans le 6e arrondissement, et même à Istanbul où il exposera son Jabloire, cette sculpture aérienne qu’il fait voyager de ville en ville et qui partira bientôt pour Vérone, Genève… Cette nouvelle vie n’empêche pas notre artiste de continuer son métier de psychanalyste. Il publie en 2000 un travail situé au carrefour de la psychanalyse et de la création artistique, un livret d’aphorismes et d’encres de chine intitulé Pensées de divan (et d’ailleurs…).
Aujourd’hui, Jean José Baranes travaille à partir d’affiches arrachées qu’il récupère avant leur destruction : “Je reviens à l’atelier les bras chargés d’affiches arrachées. Le sol est alors jonché d’un déballage invraisemblable de couleurs, de formes, de mots, une véritable débauche d’informations disparates, de temps passé, de rêves perdus, d’objets bizarres, sur lesquels il faut marcher, qu’il faut trier, en n’ayant pas d’autre règle que l’attente inconnue du moment, et d’autre soutien que l’espoir d’une rencontre imprévue, celle du hasard, peut- être ?”
Avec ces éléments, sur des plaques métalliques, il réalise des collages, qu’il peint, vernit, pour en faire des tableaux, en suivant son envie, son instinct : “comme le dit un de mes collègues, je fais entrer le hasard dans l’atelier puis je lui applique une technique.” S’il ne cherche pas à faire passer un message ou à trouver un sens à ses oeuvres, sa casquette de psychanalyste ne le quittant jamais vraiment, il reconnaît la récurrence d’un thème dans ses créations : la déchirure. Son travail est inquiet, à chaque nouvelle arrivée d’affiche, il fait entrer la violence des médias, de la pub, de l’info dans son atelier qu’il qualifie pourtant “de machine à fabriquer du rêve”. Car la rêverie est déjà là, et ressurgit avec les pensées, les désirs, les couleurs… Ces couleurs qui foisonnent dans ses oeuvres telles que dans celles des artistes qu’il aime : de Staël, Kandinsky, Matisse… Si notre fabricant de rêve ne sait jamais à quoi vont ressembler ses créations, une chose est sûre, c’est qu’elles répondent à une pulsion de vie “dans le besoin vital de peindre, il y a le retour primitif à son histoire, aux couleurs, ces mêmes couleurs que l’on utilise enfant”.
Aujourd’hui plein de projets, Jean José Baranes n’a pas fini de nous “embarquer dans ses petits univers.”
http://jjoseb.blogspot.com