

« Je suis immédiatement tombé amoureux de cette ville », raconte Antoine Fanis, grec jusqu'au bout des sourcils. « Sceaux me fascine parce qu'elle est belle, harmonieuse dans ses couleurs, mais aussi parce qu'elle rayonne d'une histoire, d'un passé ». Sensible à ce qu'on appelle l'esthétique urbaine, l'artiste habite la dernière maison de Sceaux, dans le quartier de Robinson, sorte de poste d'observation de la région, point de départ d'une éternelle promenade au hasard.
Antoine Fanis se définit comme « Ymagier – paintre », et mêle la photo, la peinture et l'outil numérique dans ses œuvres. Détails, portraits, nues, couleurs chaudes de la méditerranée ou scènes urbaines, c'est un peu comme si on avait vu ces images pourtant tirées du regard personnel de l'artiste. Un quotidien mis en couleurs, des jeux de lumière et de formes, quel est le secret d'Antoine ? « Je marche, je regarde , je vis et je fais des « images », modestement à la manière de ces ymagiers du moyen age. Ni de la photo, ni de la peinture, mais un mélange de ce qu'il y a de meilleur dans ces techniques. « La photo représente trop froidement la réalité et la peinture est trop souvent incertaine. L'instant magique n'est jamais sur la pellicule comme dans ma mémoire et ma sensibilité. J'y ajoute l'émotion que j'ai ressentie, le regard que j'ai porté sur ce lieu. C'est surtout une recherche graphique, esthétique et essentiellement intime». L'artiste travaille avec une tablette graphique et un pinceau numérique et fait donc les mêmes gestes que le peintre,… c'est ce qui donne le côté velouté du tracé.
Autodidacte, artiste auteur, peintre numérique inscrit à la Maison des artistes à Paris, Antoine Fanis est séduit par la liberté infinie qu'apporte cet art du XXIe siècle. Loin d'être impressionné par les regards conditionnés par l'art académique et ses définitions étroites, il se réjouit de l'émotion esthétique de « son » public, l'œil pétillant. « L'art numérique n'est pas encore bien défini et a souvent une connotation péjorative !». Il faut laisser du temps pour que l'art numérique ait sa place, aussi Antoine travaille-t-il pour l'avenir : conçues pour durer, les œuvres sont imprimées sur un papier spécial au grain soyeux et une encre de qualité « qui a une durée de vie beaucoup plus longue que les aquarelles à pigments naturels ».
Rencontrer l'artiste : un dimanche par mois au marché de Robinson et le samedi au « marché de la création » à la Bastille - Paris. Tél. 06 29 61 19 53. http//greeki.is.free.fr