Les chiens
à Maya et à Stone
Lorsque le tabac des heures aura brûlé
ma dernière pipe
je voudrais m’endormir sans une nippe
auprès de mes deux chiens fidèles.
L’un couleur de miel se couchera
contre mon ventre doux
l’autre couleur de châtaigne inclinera sa tête
contre la veine de mon cou
et
leurs cœurs fatigués d’avoir couru ensemble
s’affoleront à l’unisson du mien.
Je garderai sur mon corps vieilli
la mémoire de leurs pelages
que j’ai tant peignés après la pluie.
Une fois encore en promenade dans nos rêves
je sentirai leurs museaux tièdes
mendier une caresse.
Une fois encore ils poseront
leurs yeux inquiets jusqu’au fond de mon âme
pour que notre amitié jamais ne cesse.
En échange d’un autre ciel
je sais qu’ils m’empêcheront de mentir
à l’heure venue
de partir avec eux
si le froid s’attarde plus que de coutume
derrière la porte du sommeil.
Paul Reyter