Les absents
On s’était rencontré
dans une chanson d’amour
de Marcel Mouloudji
quelque part n’importe où
guidés par la mémoire.
Et l’on avait flâné
dans les rues du quartier
pour accorder nos cœurs
avec le verbe aimer.
Autre part il demeure
et continue d’écrire
pour nous donner raison
de croire en la chanson.
Puis l’on s’était perdu
dans une chanson d’oubli
du vieux Léo Ferré
quelque part dans la nuit
guidés par les rengaines.
Et l’on avait largué
les rêves qui se traînent
pour accorder blessure
avec le temps qui dure.
Autre part il demeure
et continue d’écrire
pour nous donner raison
de croire en la chanson.
On s’était retrouvé
dans une chanson d’adieu
de Grand Jacques ou de Georges
le long du plat Pays
où dans Sète peu importe.
Et l’on avait jeté
au vent toutes nos humeurs
pour accorder nos coeurs
avec jeunesse morte.
Autre part ils demeurent
et continuent d’écrire
pour nous donner raison
de croire en la chanson.
Paul Reyter