Les quatre saisons
C’est avec le printemps que renaît la nature
Après un long séjour prostrée en léthargie
Perséphone revient divine créature
Pour réveiller la flore usant de sa magie
Si gaie parmi les fleurs où elle aime courir
Pour que chante l’oiseau au merveilleux ramage
J’entends son pas léger qui fait tout refleurir
Je vois ses doigts câlins frôler le vert feuillage.
Triomphant désormais l’astre resplendissant
Témoigne son ardeur à son amie la terre
Au faîte de sa gloire il est éblouissant
Chaleureux séducteur embrasant l’atmosphère
La terre nourricière heureuse et inlassable
Produit abondamment de blonds épis de blé
Et l’eau bleue de la mer qui glisse sur le sable
Apaise et rafraîchit le vacancier comblé.
Fatigué de monter au zénith en été
Le soleil maintenant plonge dans les sous-bois
Il vient lécher les troncs noircis d’humidité
Et réduit son parcours cachant son désarroi
Pour se faire pardonner d’annoncer la froidure
L’automne se fera splendide et généreux
Quand de lumière et d’or il pare les ramures
Qu’il offre ses cueillettes aux paysans joyeux.
Vient le temps des frimas et du vent aquilon
Qui hurle et qui gémit tel un loup affamé
En apportant la pluie, la neige et les grêlons
Et qui frappe au carreau que je maintiens fermé
Devenu trop faible pour chauffer l’air glacial
Le soleil se retire et le ciel dissémine
Le duvet de son lit lors du ballet nuptial
Couvrant le sol gelé d’un blanc manteau d’hermine.
Mireille Prével